Introduction
Galerne est le nom d'un vent. Un vent
d'ouest portant dans sa brise des saveurs de malt irlandais,
des nuages de légendes berrychonnes et des grains de celt
jusqu'aux montagnes bleues du Morvan où il vient mourir en
souffle de notes et bise chromatique, dans l'anticyclone d'un
café de pays ou l'ouragan d'une salle de spectacle. Mousson de
mélodies, bourrasque d'accordéon, nappes de cornemuses
flottantes en un brouillard blizzard, porté par un courant d'air
traditionnel dans lequel on ressent les effluves des marées
nouvelles montantes et le souffle des anciens.
Ce tourbillon
cadencé parcourt ainsi les paysages, sans
barrières, s'imprégnant d'odeurs épicées
sous le marteau pilon cardiaque de la percussion africaine, le flux et
reflux respiratoire des soufflets et lames de fond diatoniques, passant
par la brise fragile de la flûte jusqu'au climat lourd et chaud de la
guitare rythmique.
Plus modeste que ses
ainés Zéphir, Tramontane ou
Mistral... il reste le coup de vent favori des tarentelles, transport
officiel de jigs et scottishs longues distances. Il entraîne avec lui
des petits grains de bourrée qui démangent les pieds des
danseurs, des petites gouttes de polka qui rendent les yeux humides et
rieurs, des poussières qui valsent à trois temps,
à vingt ans et des cercles tourbillonnant qui montent en courant
d'air chaud avant de retomber doucement, en mélodies apaisantes.
Le vent de Galerne
polennise ainsi les fleurs vivaces de la musique
traditionnelle et déploie à son tour les racines de
mélodies nouvelles, notes grimpantes aux couleurs majeures et
fleurs diatoniques aux ramages enivrants pour un bouquet de sens, de
plaisir et de couleur.
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